Les grandes marques ne font plus recette !

Les grandes marques ne font plus recette !

Messagede chat » Lun Jan 10, 2005 7:51 pm

:(
Voici la copie d’un article paru dans la dernière édition du Monde de l’année dernière...
(ce qui pourrait nourrir le pessimisme ambiant doit d’abord alimenter notre réflexion)
Les grandes marques ne font plus recette !

Hier, les consommateurs achetaient des produits connus même lorsqu'ils étaient nettement plus chers que ceux des distributeurs. Ces temps sont révolus. Perdus face à une profusion d'offres et méfiants à l'égard de discours publicitaires, les clients privilégient les prix bas.

Qu'est-ce qui motive les consommateurs à payer 30 % plus cher un produit dit "de marque" fabriqué, emballé et vanté dans les publicités par une multinationale ? Plus grand-chose, en vérité. "Moins cher mais aussi bon" semble être devenu le credo des Européens, qui achètent de plus en plus souvent des produits banalisés en furetant, comparant, critiquant... La tendance s'est accélérée en 2004. Pour les multinationales de la grande consommation, c'est un scénario noir qui se profile.

Les chiffres d'affaires consolidés ne sont pas encore affectés car des groupes comme Henkel et Procter & Gamble profitent de leur présence dans des zones en croissance (Europe centrale, Asie, Amérique latine). Mais certains fabricants ont déjà tiré le signal d'alarme : les ventes de Coca-Cola stagnent, Colgate Palmolive ferme un tiers de ses usines et, grâce aux économies ainsi dégagées, s'apprête à augmenter de 20 % ses dépenses publicitaires ; même l'indétrônable Beiersdorf (Nivea) annonce la stagnation de son activité en Europe... Les résultats progresseront moins que prévu, préviennent déjà les états-majors.

Le transfert des achats vers les produits "sans marque" est maintenant avéré : un tiers du riz vendu en France dans les super et hypermarchés échappe aux
marques traditionnelles, comme les deux tiers des essuie-tout et des sacs poubelles ; 14 % des lingettes - un produit pourtant cher - sont vendues par les maxidiscounters Aldi, Lidl, Leader Price, etc. Et les ventes de lessive ou de lait longue conservation - qui étaient relativement protégées grâce à des situations d'oligopole - sont désormais attaquées.

Le territoire commercial des marques se réduit comme peau de chagrin. En France, si la situation n'a pas encore atteint les extrêmes britanniques ou allemands, les fabricants sont confrontés à une situation impensable il y a dix ans : environ 50 % des sommes dépensées par les Français dans l'achat de produits courants échappent aux grandes marques.

Que s'est-il passé ? D'abord, la distribution est en pleine tourmente. Les Danone, Nestlé et autres L'Oréal sont tributaires des Carrefour, Auchan, Casino et Champion qui, eux, ne cessent de perdre du terrain face aux Lidl, Aldi et Ed. Les marques ne peuvent bénéficier de la croissance de ces enseignes dites "à bas prix" - mais pas toujours moins chères - pour la bonne raison qu'elles n'y sont pas vendues. Ensuite, les marques s'adressent désormais à des consommateurs qui font leurs courses en picorant. Si un quart d'entre eux va, de plus en plus souvent, chez les maxidiscounters, ils fréquentent en moyenne trois enseignes différentes. Seuls 9 % considéreraient le magasin à bas prix comme leur magasin principal.

La crise n'est donc pas le seul fait de la concurrence entre circuits de distribution. Globalement, il semble que les industriels internationaux aient rompu le lien privilégié qui les unissait depuis quarante ans à leurs clients : 64 % des Français estiment aujourd'hui que les produits des grandes marques sont plus chers sans que leurs hausses soient justifiées, selon l'institut IOD, cité par le magazine professionnel LSA.

Un nouvel emballage ne convainc plus ; pas plus qu'une prétendue nouvelle formule ; ou que l'introduction d'un nutriment "bon pour la santé". Les vieilles recettes de marketing ne fonctionnent plus. Les consommateurs comparent et s'échangent les bons tuyaux, notamment sur Internet.

Résultat : les marques ont beau augmenter leurs investissements publicitaires (comme Danone en 2003), leurs volumes de vente baissent ou stagnent. "Du jamais-vu en vingt-cinq ans", s'étonne Jean-Pierre Gaucher, directeur général d'IRI France.

Une offre trop complexe

C'est que les consommateurs sont las. 58 % des Français jugent que faire des courses dans un hypermarché est fatigant : ils vont à l'économie de prix, mais aussi d'efforts. Or, le nombre de produits (12 000 dans un supermarché, 40 000 à 50 000 pour un hypermarché), déjà jugé trop important, ne cesse d'augmenter. En 2003, les grandes surfaces comptaient 66 % de produits de plus qu'en 1994. Les linéaires ont gagné un niveau et le nombre de produits par mètre carré s'est accru de 11 %.

L'offre est devenue trop complexe, car les marques de distributeurs n'ont cessé de s'étendre : on trouve désormais, dans chaque famille de produits alimentaires, un produit de base mais aussi un bio, un "authentique", un allégé... A cela se sont ajoutés, il y a un an, les produits sans marque, dits "premier prix" ("pouce" chez Auchan ou "1" chez Carrefour et Champion). Créés par les enseignes traditionnelles pour récupérer les consommateurs du maxi-discount, ces produits grignotent des parts de marché au détriment des grandes marques. Celles-ci, d'ailleurs, ne souffrent plus la comparaison. Qui achètera du Boursin ou du riz Uncle Ben's, présentés par Leclerc dans ses publicités comme 30 % plus cher que ses propres produits ?

Les industriels cherchent la parade. Certains envisagent d'entrer chez les maxi discounters avec une nouvelle marque. D'autres pourraient fabriquer les produits aux couleurs des enseignes... Quelques initiatives tactiques derepositionnement ont déjà vu le jour. Procter & Gamble a, par exemple, baissé les prix de ses serviettes hygiéniques Always, désormais vendues 18 % moins cher. Cette décision lui a permis de regagner 3 points de part de marché. Tropicana (PepsiCo) veut, lui, devenir un produit "plaisir": la marque de jus de fruits a choisi de rester chère (2,5 euros le litre) dans un rayon où la moitié des ventes sont réalisées par des marques de
distributeur à 1,93 euro en moyenne. Pari gagné : Tropicana a réussi à gagner 10,6 % de part de marché en un an. Mais l'argument ne saurait être généralisé.

Florence Amalou et Laurence Girard

Remarqué par :
Nicolas Chomette
B&G, Designers d’Idées
http://www.bandg.fr
chat
Petit poisson
 
Messages: 13
Inscription: Mar Nov 09, 2004 1:26 pm

Messagede guillet » Dim Avr 24, 2005 6:43 pm

ça sera les grandes multinationales distributeurs d'alimentation qui s'aligneront sur les discounteurs.
Conséquence : suppression des étapes de fabrication dans l'élaboration des produits et augmentation des prix des produits de premières nécessités pour contrer la baisse des autres produits.
La solution : acheter les produits à la coupe, à la louche et acheter les légumes avec de la terre pour courcicuiter le processus d'achat induit.
Bref, une typo d'épicier, avec un fond uni libre de toute poésie
guillet
Petit poisson
 
Messages: 41
Inscription: Dim Avr 24, 2005 1:04 pm

Messagede SayfAllah » Sam Mai 07, 2005 7:54 pm

AcHeTeZ SuR Le MaRcHé !c'est mon slogan ! :D
Des fruits, des légumes et des patates !!
Youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
C'est la fin des haricots !
Les multinationales touchent le fond, les gens en ont marre de toutes leurs singeries "bonus" "super" "moins cher "meilleur" "ultra" "fashion" et toute la soupe !
c'est tant mieux pour les designers ! ils ne travailleront plus pour ces capitalistes, ils pointeront à l'Anpe et ils se remettront à dessiner avec des crayolas.
Tout part en sucette !
Ceux qui vont s'en sortir seront des talents ! des peintres, des menuisiers, des charpentiers, des éleveurs, des montagnards et tous ceux qui ne sont pas dépendants de cette vie materialiste !
Apprenez à survivre, dans la nature, dans la rue, partout, car je ne sais pas si ca vas durer ce systeme !!
pour l'instant, nous l'avons bien mérité !

AcHeTeZ SuR Le MaRcHé !
Avatar de l’utilisateur
SayfAllah
Petit poisson
 
Messages: 13
Inscription: Ven Déc 03, 2004 3:01 pm
Localisation: Terre

Messagede guillet » Lun Mai 09, 2005 11:27 am

Achetons bio !!!!

Quel est le nom du bébé-médicament ?
Le Vieux Pané.
guillet
Petit poisson
 
Messages: 41
Inscription: Dim Avr 24, 2005 1:04 pm

Messagede dugogh » Ven Mai 20, 2005 10:07 am

Ah non, il ne faut pas achéter, il faut chasser et cueillir!
Que le design rétourne vers le bâton, les tripes, la glaise...
et la dimmension spirituelle de la consommation aux sorciers.
dugogh
Petit poisson
 
Messages: 43
Inscription: Lun Mar 28, 2005 3:06 am

les prix des mdd sont déjà alignées

Messagede thorel » Mer Oct 05, 2005 3:38 pm

Pour information, les produits et prix des mdd sont alignés sur les Hd qui ne sont pas à qualité comparable moins chers contrairement aus idées reçues.
Dautres stratégies émergent comme chez Auchan avec le self discount .
Ce qui est vrai c'est que nous assistons à une Ré - évolution
du client face aux offres en linéaires, la qualité perçue devient un vrai critère de différenciation et qui plus est le simple fait de regarder le gencod permet à tous de savoir qui fabrique quoi et pour qui...
thorel
Alevin
 
Messages: 6
Inscription: Mer Sep 21, 2005 4:19 pm

Messagede sarah » Mer Oct 05, 2005 4:32 pm

euh thorel, en français ça donne koi mdd et hd? désolé de pas comprendre mais pour moi c'est du charabia les initiales. et encore gencode je comprends parce que j'ai fait des inventaires sinon...

merci pour ta traduction :D
sarah
Petit poisson
 
Messages: 38
Inscription: Dim Oct 31, 2004 7:26 pm
Localisation: Lyon

Messagede thorel » Mer Oct 05, 2005 5:24 pm

Voici le décodage:

HD pour Hard discounter
MDD pour marque de dsitributeur
cordialement
thorel
Alevin
 
Messages: 6
Inscription: Mer Sep 21, 2005 4:19 pm

Messagede sarah » Mer Oct 05, 2005 8:48 pm

merci! :oops:
sarah
Petit poisson
 
Messages: 38
Inscription: Dim Oct 31, 2004 7:26 pm
Localisation: Lyon

Messagede 100Mill » Ven Nov 04, 2005 1:21 pm

Chat , j'ai bien compris . Il ne faut pas rester assis et attendre mais il faut innover . Merci de me l'avoir préciser .
100Mill
Gros poisson
 
Messages: 265
Inscription: Lun Sep 05, 2005 3:53 pm

Messagede Cassandre » Lun Fév 27, 2006 2:28 am

guillet a écrit:Bref, une typo d'épicier, avec un fond uni libre de toute poésie

Vu ma profession, mon commentaire va étonner : TANT MIEUX !

Le packaging actuel en France est à mon goût indisgeste ! De la typo molle et baveuse, un fond montage/retouche/photoshopoflouté… outrancièrement consensuel, le pack à lui seul sent la bouffre trafiquée comme pas possible !

Je rêve d'un retour au simple, typo simple, pack uni, oh oui ! Minimalisme bien dosé, je veux ! Ça fera bien plus joli sur les étagères de la cuisine ! :D

Y'a qu'à voir les packs scandinaves… et qu'on me dise pas qu'ils ont pas le sens du design…
Cassandre
Petit poisson
 
Messages: 10
Inscription: Mer Fév 08, 2006 1:06 pm


Retourner vers Identité de marques



Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité