C’est une question très intéressante que se posent aussi un bon nombre de consommateurs. Pourquoi ces nouvelles saveurs ont-elles envahies le marché du chocolat, des glaces et des desserts ?
Depuis les années 90 notre rapport au temps a changé et on assiste à ce que l’on qualifie de « décapitalisation sur le futur » qui par la même occasion a contribué à modifier les bases du marketing traditionnel pour laisser place au néo-marketing.
La désacralisation du futur et du progrès par une partie des consommateurs tendraient à revaloriser les autres temps de l’existence, à savoir le présent (culte du carpe diem) et dans une certaine mesure le passé avec un retour des produits traditionnels et authentiques.
Les industriels ont répondu à ces attentes de plaisir, de gourmandise, de goûts moins extrêmes et plus consensuels. Au niveau du chocolat, ce sont Lindt et Nestlé qui se sont lancé dans l’aventure du chocolat « pâtissier » en 2004 pour se recentrer sur un marché où l’image traditionnelle du chocolat était dégradée avec le segment « dégustation » qui a symbolisé pendant un moment le renouveau des tablettes. Ils ont bénéficié d’une image raffinée et se sont probablement réorienté ensuite sur la tendance des « ingrédients stars » pour répondre aux nouvelles attentes.
Concernant le marché des glaces, le premier lancement sera de la part de Carte d’or (Crème brûlée façon Catalane) suivis d’une très belle contre attaque de Nestlé avec le repositionnement de « La laitière » avec ses parfums « 1OO% tradition» qui compte également la crème brûlée. Ces produits ont bien entendu été repris par les suiveurs du marché et par les MDD. Donc pas étonnant que tu as pu retrouver ce parfum chez Auchan qui a l’habitude s’approprier les concepts des leaders. Les bases de données et panels circulent de manières transversales et sont partagé sans limite par ceux qui en ont les moyens. Encore faut-il avoir l’audace de se lancer le premier sur le marché en évitant le flop.
Vous avez aussi remarqué l’émergence des produits liés à la tendance « Runner Up » (cactus, gimgembre, figue, mangue, melon, …) que l’on retrouve un peu partout dans l’agroalimentaire.
Pour les desserts, il y a la marque Danette avec une stratégie de marketing participatif remarquable au niveau de la recherche d’implication des consommateurs dans le processus de lancement de son nouveau produit.
Pour déterminer le futur parfum de Danette, Danone a mis en place un vote en mars et avril dernier qui proposerait au consommateur de choisir entre 3 recettes : crème brûlée, praliné et madeleine. Les votes se déroulaient à grande échelle sur plusieurs canaux : internet
http://www.onvotetouspourdanette.com/, courrier, SMS, urnes dans 477 magasins.
L’objectif étant de rendre le consommateur acteur de la nouveauté, dans le but de la vendre plus facilement. Résultat : 48 % des votants ont répondu favorablement à la crème brûlée. Ce qui a permis à Danone de lancer sans grand risque un nouveau produit en juin accompagné d’un phénomène de « Buzz marketing » de grande ampleur.
Si vous avez envie d’en savoir plus sur les phénomènes de guérilla & buzz marketing et sur le marketing viral, je vous propose ces sources :
http://www.culture-buzz.com/
http://www.marketing-alternatif.com/
http://codornew.over-blog.com/
http://www.buzz-marketing.fr/index.php
Ce sont aussi des bonnes sources d’inspiration et une manière de traquer certaines évolutions et nouvelles tendances du marché global.
De plus en plus de produits en phase de recherche mais aussi des packagings sont évalués ou carrément crée grâce à ces méthodes originales. Par exemple, vous pouvez voter sur le site de l’Occitane pour le sac que vous aimeriez trouver en magasin.
Désormais, en intervenant dans la conception et la communication d’un produit, le consommateur peut en adapter ses composantes. Voilà, comment un simple site peut devenir efficace pour optimiser le lancement d’un produit !